En hiver, nos Crus Bourgeois du Médoc taillent les vignes

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Les Crus Bourgeois du Médoc rendent hommage à ceux qui tout au long de l’année, veillent au grain… de raisin, en leur consacrant une série d’articles. Si vous appréciez la finesse de nos Crus Bourgeois, vous allez aimer découvrir les savoir-faire parfois méconnus de ceux qui produisent nos vins. (crédit photos : Château Larose Trintaudon)

Repos végétatif peut-être, humain sûrement pas !

L’hiver toute la nature ralentit. La sève est descendue et la vigne observe un patient repos végétatif… Dès la chute des feuilles entre le 15 et 20 novembre (en général), commence le méticuleux travail de la taille de la vigne. Stratégique, c’est de lui dont dépendent le rendement et la santé des ceps et bien entendu la qualité des vins.

Mais pourquoi tailler les vignes ?

A l’état naturel, la vigne se développe en une croissance sinueuse comme une liane. Elle s’étire, s’allonge, se ramifie et donne finalement plus de bois que de fruits ! D’où la nécessité de la tailler. Un viticulteur peut être amené à éliminer 80 % des sarments pour s’assurer une bonne production.

En limitant la croissance des rameaux, on diminue également le vieillissement de la souche, on minore l’encombrement des bois et surtout on laisse les ramifications les plus fructifères se développer. C’est donc une étape stratégique, qui nécessite le plus grand soin. Forme du pied, quantité de végétation et surtout de fruits en dépendent pour plusieurs années, puisqu’un choix de taille s’entretient et se pérennise sur du long terme. C’est le bon équilibre entre l’effort demandé à la vigne et sa capacité à produire des grappes de qualité qui président au choix de la taille.

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taille sèche, taille en vert, taille longue… petit point vocabulaire de la vigne

Si les 270 viticulteurs de nos Crus Bourgeois maîtrisent les secrets de la langue viticole, soyons francs, nous ne sommes pas tous familiers avec la langue de la vigne. Voici donc, rien que pour vous, un rapide lexique du jargon utilisé dans les rangs de vigne.

  • La taille effectuée l’hiver s’appelle la « taille sèche », qui s’effectue lorsque la vigne ne porte que du bois.
  • Les « astes» quant à eux, leur part désignent les rameaux de bois restant après la taille et sur lesquels pousseront les grappes de raisin. La longueur de l’aste détermine la charge de fruits à venir.  Il porte 7 à 8 bourgeons en général.
  • Le cot (ou courson) est destiné à préparer la taille de l’année suivante : c’est sur lui que sera taillé l’aste l’année prochaine. Dans une taille en Guyot simple, le bras qui porte le cot et celui qui porte l’aste sont inversés chaque année.
  • Les yeux, sont les bourgeons. Les meilleurs bourgeons, les plus fructifères se trouvent en général ni à la base, ni à l’extrémité mais sur la partie intermédiaire du sarment, juste au pied des feuilles. On distingue « l’œil latent », qui donnera le bourgeon « utile » et le « prompt bourgeon » qui donne naissance à un rameau secondaire souvent peu productif.
  • « L’épamprage » (généralement en mai), étape importante qui consiste à supprimer les « gourmands », ces jeunes poussent situées à la base et sur les bras du cep, afin de laisser la sève nourrir les bras « utiles ».

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Gobelet, Guyot ou Cordon de Royat ?

Les principes de base sont communs aux trois principaux types de taille. (Il existe bien entendu de nombreuses autres façons de tailler les vignes)

  • Éliminer les bois morts
  • Se concentrer sur les pousses de l’année écoulée sur les rameaux supérieurs
  • Travailler avant le débourrement, c’est à dire le bourgeonnement.

Le choix du type de taille n’est pas neutre. Il est directement lié à la nature des sols, à l’encépagement et aux conditions climatiques.

La taille Gobelet :

essentiellement réservée aux Grenache rouge et blanc, au Mourvèdre, Gamay, Grolleau, Côt, Chenin, Folle Blanche et Cinsault, la taille Gobelet est privilégiée dans les régions méridionales car sa forme parasol protège les baies de la brûlure du soleil. Elle est plus rare dans les zones humides, où son effet parasol se transforme en parapluie. L’humidité stagne dans le feuillage, favorisant l’apparition de la pourriture grise des fruits. Elle se caractérise par 3 à 5 bras principaux, terminés par des coursons (ramifications) à 3 ou 4 bourgeons (yeux).

Cordon de Royat :

C’est une coupe courte qui permet au cep de développer deux bras opposés. Parfaitement réparties sur plusieurs coursons, les futures grappes bénéficient d’un ensoleillement homogène. Bien exposées au vent et à la pluie, les vignes le sont aussi en cas de gelée ou de tempête. Ce type de taille permet également une vendange automatisée.

Les tailles Guyot :

Ce type de taille fut popularisé au XIXème siècle par un certain Jules Guyot, docteur de son état. Il préconisa la taille longue de la vigne en réponse à la faiblesse de certains rendements. On en distingue 3 types : la taille Guyot simple,  la Guyot double et la Guyot Poussard.

Dans le premier cas, l’opération consiste à conserver une baguette (et donc deux, pour la Guyot double !). On sélectionne alors sur chaque baguette 2 à 4 coursons possédant chacun 2 ou 3 bourgeons.

La Guyot Poussard (du nom d’un viticulteur cette fois !) propose de conserver deux bras opposés, dont l’un porte un courson et l’autre une baguette et un courson de rappel. On coupe chaque côté alternativement d’une année sur l’autre. Des études en cours tendent à démontrer que respectant mieux les flux de sève, ce type de taille diminuerait les maladies liées à la cicatrisation des bois, et les préserverait donc davantage.

Très utilisée en Bourgogne, la taille Guyot, se retrouve également en Val de Loire.  Elle se rencontre principalement sur les cépages de Chardonnay, Muscadet, Cabernet, Pinot, Melon de Bourgogne et d’une manière générale dans les terroirs peu fructifères.

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Côté Cru Bourgeois

C’est la « Taille Médocaine » qui est principalement utilisée. Il s’agit globalement d’une guyot double mais le côt n’est pas obligatoire !

Chaque domaine apprécie et travaille ses vignes en fonction de ses objectifs.

Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous conseillons de visiter directement les exploitations des Crus Bourgeois qui seront heureux de vous y accueillir et de partager avec vous leur passion du vin et du travail de la vigne tout au long de l’année.

Nous remercions le Château Larose Trintaudon pour les photos qui illustrent cet article et nous vous invitons à découvrir les autres photos sur la page facebook du Château :

https://www.facebook.com/ChateauLaroseTrintaudon/

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