Portrait du vainqueur de la coupe des Crus Bourgeois : le Château Belle-Vue

Isabelle Mulliez avec vignettage noir_6

Suite à la très belle victoire de la Coupe des Crus Bourgeois 2016 par le Château Belle-Vue, nous avons demandé à la propriété de renseigner leur « portrait Bourgeois » pour le blog. 

Mieux que les réponses à notre questionnaires, nous avons reçu un texte très touchant d’Isabelle Mulliez, la femme de Vincent Mulliez, propriétaire du Château Belle-Vue, disparu en 2010.

Après les enfants du couple, venus chercher la Coupe des Crus Bourgeois lors de la remise des prix au CIVB, c’est autour d’Isabelle de prendre la parole et de nous expliquer son attachement à cette belle propriété.

« Lorsque mon époux, Vincent Mulliez , nous a quittés en mai 2010, il suivait une voie ascensionnelle atypique et rapide dans le bordelais, avec la reconnaissance toujours plus forte de la qualité des vins issus de ses Propriétés situées dans le Haut-Médoc, à la frontière des terres de Margaux.

Château Belle-Vue, Château de Gironville et Château Bolaire ont été acquis par Vincent Mulliez en 2004. Dès lors, cet ancien financier de J-P Morgan avait déployé toute son énergie et ses compétences pour s’entourer d’une équipe solide et talentueuse, investir dans des outils de travail appropriés et soigner chacun des pieds de ses vignes avec la même attention que s’il s’était agit de sa propre progéniture.

Sa passion n’était pas partagée, à l’époque, car dans le même temps, voyant nos 5 enfants se prendre petit à petit en main, j’avais décidé de compléter un diplôme d’orthophoniste par des études de psychologie clinique. Vincent aimait Bordeaux, j’aimais Paris.

Lorsque le 19 mai 2010, en fin de journée, Vincent part faire un jogging au bois de Boulogne en me promettant de me servir un petit verre de vin à son retour et qu’il disparaît à jamais terrassé par un arrêt cardiaque, nous nous sommes retrouvés , les 5 garçons et moi avec la responsabilité et la tâche énorme de continuer à faire vivre ce 6ème enfant .

Oeuvrer à ce que Belle-Vue devienne l’une des plus belles références de l’appellation, construire l’un des rapports qualité-prix les plus incroyables, passer de l’exigence de Vincent à la perfection, sont devenus, dès lors, des buts à atteindre pour honorer la mémoire d’un mari et d’un père disparu bien trop jeune, à 44 ans.

Aujourd’hui, je ne peux parler de nos vins comme un spécialiste le ferait.

L’élégance de Belle-Vue me vient au coeur et non au goût. Vincent est présent dans le verre que je tiens. La souplesse ? Je l’ai dans la capacité que mon mari avait à se remettre en question, à accepter ses erreurs pour mieux avancer. La rondeur ? je l’ai dans l’attention qu’il avait pour nous et pour ses proches.

Je laisse à Vincent Bache-Gabrielsen, formidable consultant et à Jérôme Pineau, jeune régisseur très prometteur, le soin de décrire le soyeux de Belle-Vue avec tout le vocabulaire technique nécessaire mais je sais aussi qu’il n’y a de critique que subjective et que chacun doit se sentir libre d’associer un vin à un instant partagé, à une pensée intime, à un souvenir….C’est aussi dans les non-dits qu’un vin séduit.

Quant à moi, je reste fidèle: un seul vin préféré: le nôtre ! Qui n’a pas fini de grandir…

Une seule envie: le partager !

Un seul combat: qu’il soit reconnu comme « incontournable » dans l’histoire des vins du Médoc, grand parmi les « petits », riche, fruité, séduisant et toujours abordable ! »

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